
Etes-vous
de ceux qui ont regardé hier soir quelques 80 minutes de bobine couleur immortalisant le quotidien, l’intimité d’Adolf Hitler. Moi, hélas oui.
Le montage, remarquable au demeurant, a été réalisé par Isabelle Clarke et Daniel Costelle, spécialistes en documentaires historiques.
Jusque là pas de problème, nous cédons, semble-t-il, à la vision d’un reportage amateur de sa maitresse, Eva Braun, sur le plus dangereux et détestables des dictateurs du siècle dernier.
Les images défilent, accompagnées des commentaires prononcés d’une voix calme et stéréotypée, lorsqu’abordant les conditions de la rencontre Braun/Hitler, on évoque l’entremetteur Hoffman,
photographe de son état. Et la tout bascule « Hoffman, photographe, le suit partout [.. .] il sera en quelque sorte le CHARGE DE COMMUNICATION d’Adolf Hitler » !!!!
Le commentaire est lâché, lâchement, sobrement. Communication, notre domaine, l’essence de notre métier, est accolée à la propagande nazie, à la manipulation des masses par un seul homme avec les
outils modernes de l’information de l’époque à la seule fin de détruire l’autre et de dominer le monde…
Ne vous leurrez pas, nous sommes tous des ministres de la propagande en puissance, nous avons tous incendié le Reichtag de nos villes pour faire élire notre premier magistrat… sans compter
l’élimination de nos concurrents…
Hormis le fait qu’ainsi on entretienne une idée préconçue qui continue de faire mal à notre profession, c’est une insulte à notre intelligence, à notre métier…
Nous sommes bien placés pour savoir que le choix et l’emploi des mots à un sens et une importance. Nombreux sont ceux qui dénoncent le fait que l’essence même des mots est souvent galvaudée
surtout à notre époque.
C’est dit. Facit indignatio versum (l’indignation fait jaillir le vers).
Vincent Nolot