Dominique Bellion, Préfet du Gard a répondu présent à l’invitation conjointe lancée par le Club de la Presse du Gard et l’UNPCP-LR, dans le cloître des Jésuites à Nîmes, le 19
juillet dernier. Une période peu propice certes à la mobilisation, mais une rencontre - animée par
Jacques Prévost, rédacteur en chef de France Bleu Gard Lozère- riche en
enseignement car Monsieur le Préfet a joué le jeu de la transparence et de la pédagogie.
Les fondements de la communication d’Etat
Pour décrire la communication d’Etat, Dominique Bellion en a rappelé, selon lui, les spécificités :
- un fondement démocratique fort dont l’exigence de transparence prend acte dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.
- Une confidentialité exigée, même s’il s’agit parfois d’un secret partagé.
- Une parole d’intérêt général car le préfet est le représentant officiel de l’Etat.
- Un rythme et une temporalité bien différents de ceux des journalistes (ce constat est le même pour la communication des
collectivités - NDLR).
Une parole contrôlée pour une « Unité de parole de l’Etat »
En tant que représentant de l’Etat dans le Département, il est astreint au droit de réserve (surtout en période électorale) et parfois à une forme de « langue de bois » dictée par
l’efficacité de l’action même des institutions représentées qui peut être compromise par une parole malheureuse ou un secret temporaire révélé dans la presse.
Il doit respecter aussi « l’unité de parole de l’Etat » en local. C’est ainsi que les chefs de services doivent avoir une autorisation de parole lors d’évènements pouvant susciter
l’intérêt des journalistes. Il y a en quelque sorte une « gestion interministérielle » de la parole. Cette parole contrôlée peut amener à des silences qui sont autant de temps de
communication, car celui qui ne parle pas n’est pas forcément celui qui n’agit pas, loin de là.
Revenant sur les relations avec la presse, M.Bellion a insisté sur le fait que l’Etat ne « bavarde » pas sinon le citoyen ne l’écouterait que d’une oreille distraite. Jolie formule
expliquant la raison de cette parole qui parfois apparaît trop contrôlée ou policée aux regards de certains.
Il a ensuite insisté sur la non stratégie politique de la communication publique d’Etat marquant sa différence avec celle des élus locaux.
Partant du constat qu’informer c’est « rassurer », il a enfin souligné la nécessaire relation avec la presse notamment en période de crise.
Une nécessaire professionnalisation
Concluant sur la com. publique et les professionnels qui l’exercent, le Préfet du Gard a souligné l’extrême nécessité de la professionnalisation des chargés de communication et de leur mise en
réseau pour être alimentés en information.
Parlant de ses chargés de com (que nous saluons ici car à l’origine de la rencontre et de l’intervention du préfet), M.Bellion a reconnu la faiblesse de ses effectifs et un important turn over
que les stages ministériels et la formation sur le tas ne viennent pas forcément compenser. Mais il a annoncé que le Ministère travaillait à la création d’une filière spéciale, preuve, s’il
en est, que la professionnalisation des responsables de com devrait être le lot commun de toutes les institutions d’Etat mais aussi locales.
VN et SN